[Vidéo] Ousseynou : « Je cire des chaussures pour financer mes études »

Etudiant en licence 3 à la Faculté des Sciences juridiques et politiques à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Ousseynou Ba est en même temps un cordonnier. Il cire et répare les chaussures de ses camarades étudiants. Dans un milieu universitaire où la vie n’est pas facile, il a besoin, pour subvenir à ses besoins, d’allier études et travail. Pratiquant la cordonnerie depuis 2012, il est aujourd’hui devenu autonome grâce à cette activité. L’étudiant, âgé de 22 ans, mène son activité sans se soucier du regard des autres.

« J’ai investi au village. J’ai acheté un terrain mais également des chèvres pour l’élevage. Je veux vraiment être autonome », confie-t-il. Originaire de la commune de Ndiébène Gandiol à 20 km de la ville de Saint-Louis, Ousseynou est orienté à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar en 2019.

L’étudiant politiste, malgré un emploi du temps chargé, a su planifier ses journées. Chaque jour après les cours, il réserve deux heures de son temps libre pour faire le tour des pavillons pour réparer et cirer des chaussures. C’est en ce sens qu’il soutient : « moi, je ne perds pas mon temps, je ne joue pas au football, je ne regarde pas la télé. Si je ne suis pas dans les amphis, je pars travailler ».

Il est décrit par ses pairs comme un être sociable, altruiste et généreux. « Il achète tout dans la chambre, du thé, du sucre, des savons bref rien ne manque », témoigne son co-locataire Serigne Saliou Gaye.

Son travail n’a aucun impact négatif sur ses études. L’étudiant-cordonnier parvient à valider ses semestres et avec la manière. « Je n’ai jamais repris de semestre. J’obtiens toujours les crédits requis », soutient-il.

Un business élargi…

L’homme est toujours animé d’un désir d’autonomie. Il n’attend rien de ses parents. Son métier ne se limite pas à la cité universitaire. Il l’élargit jusque dans son village. « Pendant les fêtes, quand je retourne au village, j’achète des chaussures chez les grossistes pour ensuite les vendre dans mon village ».

Malgré son rêve de réussir ses études, l’apprenti politiste ne compte pas abandonner son métier de cordonnier.

« je suis passionné de ce métier. Je vais continuer à entreprendre même si je réussis dans mes études ».

Ousseynou Ba