(Vidéo) BEN, un éleveur fusionnel avec ses bêtes

« Nul ne peut échapper à son destin », a t-on coutume de dire ! Cette sage assertion semble s’appliquer à celui de Ben, un homme d’une rare singularité. 

Demeurant à Keur Massar, une localité située dans la périphérie de Dakar et par ailleurs, dernier département du Sénégal, Ben s’y épanouit de fond en comble avec ses animaux. 

Un éleveur dans l’âme, Ben l’est et l’assume. Paradoxalement son antre n’est ni sa maison, ni son salon, encore moins sa chambre conjugale, mais bien ses enclos. C’est l’endroit où il se sent mieux au beau milieu de ses animaux. 

La particularité de Ben réside dans le fait qu’il est éleveur de diverses races d’animaux. Ainsi dans son troupeau, on trouve une race de bovins, qui, à première vue, renvoie à des bœufs importés de l’étranger, qu’il s’est procurés moyennant 800.000 francs CFA l’un. L’idée est pour lui, de les croiser avec des vaches locales, une manière de contribuer à la politique d’amélioration de l’espèce bovine au Sénégal. A côté des bœufs importés, Ben possède aussi des locaux qu’il amène tous les matins au pâturage avant de les récupérer le soir.

Ben, c’est aussi les troupeaux de moutons qu’il domestique, et qu’il étale sur le marché pour les vendre à l’approche de la fête de l’Aid El Kébir (Tabaski-fête du mouton au Sénégal).

Ben ne s’en arrête pas là. Il est également dans l’élevage de la volaille. 

Bref, Ben semble né avec des prédispositions naturelles pour élever des animaux.

Et pourtant rien ne prédestinait, ni, ne présageait ce jeune marié et père d’une petite fille de huit (8) mois, à un tel destin. En effet au début des années 2010, Ben s’engage dans la sécurité et devient agent de sécurité à Dakar. Il faut dire qu’à l’époque l’homme correspondait parfaitement au profil de l’emploi. 

Grand de taille, costaud, le regard pointilleux et intimidant, Abdou Aziz Dial de son vrai nom, cochait toutes les cases à tel point qui ne lui a pas été difficile de se trouver du travail. C’est ainsi qu’il a été sollicité par les grands hôtels de la capitale sénégalaise pour assurer et veiller à l’ordre et à la sécurité de leur enseigne. Il gagnait sa vie grâce à la sécurité.

Cependant, le déclic se produit quelques années plus tard, précise-t-il : « En 2014, ma mère et mon oncle m’ont confié chacun un mouton, l’un s’appelait Mbeur et l’autre Atou, pour que j’assure leur subsistance. Ainsi je leur donnais à manger, les lavais … . Et c’est à partir de ce moment là, qu’est née, ma fibre pour l’élevage. Et naturellement je n’avais qu’un seul rêve, devenir éleveur ». 

Du rêve à la réalité ou encore, de l’imaginaire au réel, chose qui n’arrive pas souvent, mais qui s’est concrétisée quand il s’agit du destin de cet homme, qu’on appelle effectivement Ben. 

Dans sa localité à Keur Massar, le style Ben séduit et ne laisse pas certains indifférents. Bon nombre de ses amis se sont aujourd’hui lancés dans l’élevage des bovins, des ovins et de la volaille, et ce, grâce à Abdou Aziz Dial dit Ben. 

Ainsi, si Waly Sène se dit influencé par son ami Ben, qui lui a transmis le virus de l’élevage, Khalil Ngom, quant à lui, estime que c’est Ben qui lui a permis de développer son « instinct animal ». Autrement dit et en des termes plus clairs, son instinct d’amour et d’affection pour les animaux.

Même si rien ne le prédestiner à mener cette activité, il faut quand même reconnaître que déjà tout petit, Ben s’était toujours fait cette idée dans un coin de sa tête quand il nous dit : « Lycéen, j’étais parti un jour à la gendarmerie pour l’obtention d’une carte nationale d’identité, l’agent me demande ma profession, je lui dis gentiment et sans hésiter : éleveur ». 

C’est dire donc qu’on est en face d’un éleveur dans l’âme.