Touba : Ambiance de veille de Magal

Il faut y aller pour le comprendre. Le magal de Touba est un événement qui aimante un monde impressionnant et fait marcher le business. Cette année, ce rendez-vous a été à la hauteur de sa réputation plus que séculaire.

Ce n’est pas un saint invité. Dans la ville de Touba, il flotte un climat sec et un vent légèrement chaud. Ce temps qui souffle sur la ville sainte n’ébranle pas la foi des fidèles venus renouveler leur allégeance à Cheikh Ahmadou Bamba. Celui qui a fait face au colon. Pour l'édition 2021 de la célébration de son départ en exil au Gabon, les mourides ne jurent que pour un lieu : la grande mosquée de Touba.

Dans ce contexte de Covid-19, il faut slalomer entre les colonnes de talibés pour se trouver un passage. Dans les routes qui mènent à ce lieu de culte, les voitures sont bloquées par une circulation humaine impressionnante. De Dianatou Mahwa à la mosquée, un long brouhaha décore la longue rue.

De façon sporadique, quel­ques talibés Baye Fall débordent sans se soucier d’une bousculade, les autres fidèles entonnent en toile de fond les chants à la gloire de l’homme de Mayumba (île au Gabon). Ces louanges se confondent à l’ambiance électrisée par les marchands ambulants qui ramassent à la pelle les dividendes de ce grand rendez-vous religieux.

En tête d’affiche de ce lucratif business, les vendeurs de téléphones et de puces, marchands d’habillement, de chaussures se frottent les mains. Déterminés à faire la publicité de leurs produits, ils ne se soucient pas du mauvais temps poussiéreux et caniculaire qui sévit sur la capitale du mouridisme.

Touba aux couleurs de son maître

Devant la grande mosquée, des pèlerins de tous sexes et tous âges se déplacent en file indiennes. L’accès à ce lieu de culte tient quasiment à un exploit. Des éléments de la gendarmerie veillent au grain en vue de punir d’éventuels récalcitrants. Dans la mosquée, l’oubli de donner l’aumône dans les mausolées devient un péché. A tour de rôle, les fidèles versent des liasses et des pièces, d’autres jettent depuis les grilles des téléphones portables, des colliers. Pour immortaliser les images, des sympathisants prennent des photos.

Naguère occupant les espaces publicitaires, les opérateurs de téléphonie ont été priés d'aller s'installer ailleurs pour cette édition du magal. A la place d’un «Orange vous souhaite la bienvenue», ce sont les effigies de Serigne Touba et de la mosquée qui meublent les affiches publicitaires. Selon Cheikh Abdoul Ahad Mbacké, président de la Commission culture et communication du Magal, cet acte tend à rappeler le premier caractère (religieux) que revêt l’événement.

«Autrefois, on voyait sur les affiches "Tel opérateur vous souhaite la bienvenue"’. On voulait rompre avec cela parce que le magal a en premier lieu une dimension spirituelle, religieuse. Maintenant, quand tu regardes tu vois Serigne Touba, la mosquée, tu penses à l’islam en quelque sorte», explique M. Mbacké. Bamba est partout.

Babacar Guèye DIOP

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