Procès Dieyna Baldé : Bril Fight 4 pardonne à la chanteuse

Le tribunal des flagrants délits du Palais de justice de Dakar a inscrit au rôle l’affaire concernant la chanteuse Dieynabou Baldé plus connue sous son nom d’artiste, Dieyna, et Djibril Mbaye Fall alias Bril Fight 4, rappeur, compositeur, beatmaker et producteur. Les avocats des deux camps ont plaidé pour un dénouement clément du procès à l'endroit de l'accusée. Le délibéré est renvoyé au 7 septembre 2021. La demande de liberté provisoire introduite par les avocats de Dieynabou Baldé a été rejetée. Me Ciré Clédor Ly, un des avoacts de la défense  en a profité pour démentir la supposée maladie de coronavirus de Dieyna Baldé.

Dans cette affaire, le Ministère public a requalifié les chefs d’accusation. Parmi les accusations retenues lors de l'enquête préliminaire, seuls les délits de vol commis la nuit, collecte illicite et copie de données à caractère personnel et extorsion de fonds ont été retenus. Attraite devant la barre, Dieynabou Baldé née le 20 février 2003 à Kolda a reconnu qu’elle a bien volé le téléphone de son amant et concubin tout en donnant les raisons qui l’ont poussée à commettre cet acte délictueux. Après avoir eu vent, par des proches, de l’infidélité de son petit ami et pour en avoir le cœur net, elle dit avoir subtilisé son téléphone de marque Iphone 12 pro qu’elle a caché dans le même appartement.

«Dans le téléphone, j’ai découvert ses conversations douteuses avec de nombreuses filles, je me suis sentie trahie puisque je suis de nature très jalouse ». D’après toujours elle, face  à la colère et le malheur consécutifs aux tromperies de son amant et producteur, elle ne pouvait plus se contenir. De surcroît, d’après toujours  elle, les sacrifices consentis pour Bril Fight 4 sont énormes.

Des captures d’écran à la place de vidéos obscènes…

Dans son entreprise de faire payer son copain pour son infidélité, elle a décidé de lui faire savoir qu’elle détient maintenant les preuves matérielles de tout ce que les gens disaient. Ainsi elle a fait des captures d’écrans qu’elle a envoyés dans son autre compte WhatsApp personnel.

Les données mobiles du téléphone n’étant pas activées, elle va recevoir les captures d’écran qu’elle a lui-même envoyés au moment où elle était avec son amant. Ce dernier ayant vu les images capturées dans le téléphone de sa copine va les transférer dans son téléphone personnel. Dans cette mise en scène, Dieynabou Badé affirme qu’elle a fait mine de ne pas connaitre l’origine des captures d’écran.

Djibril Mbaye Fall, lui, affirme que son téléphone ainsi que les clés de sa voiture ont été volés la nuit du 14 août 2021. Cependant, il n’a pas réagi jusqu’au moment où il a commencé à essuyer des menaces via des appels et des messages. Selon lui, dans ces messages l’auteur menaçait de gâcher sa carrière s’il ne quitte pas Dieyna.

Se sentant acculé, il a décidé de porter plainte, en compagnie de sa copine, à la Division spéciale de la cybercriminalité de la police. Selon lui, il n’a jamais pensé que les choses allaient retourner contre sa protégée chérie. Cette dernière sentant l’étau se serrer, dit être affolée et a trouvé judicieux de casser les téléphones et de s’en débrasser.

Désistement et pardonmaxresdefault (1).jpg

Devant la barre et assistée par un pool d’avocats dirigé par Me Clédor Ly, Dieynabou Baldé a battu sa coulpe et a quémandé le pardon de la part de son accusateur.

Face aux questions des 5 avocats de la partie civile, Dieyna  a reconnu avoir agi par un sursaut de jalousie. Elle était loin, dit-elle, d’imaginer les répercussions ou la portée de ses actes.

De son coté, Djibril Mbaye Fall, sur la demande de ses avocats a tout bonnement décidé de pardonner à Dieyna.  « Je lui ai pardonnée de gaieté de cœur, je ne demande plus rien » a-t-il dit la main sur la poitrine.

Cette phrase a eu un écho d’émotion dans la foule présente dans la salle 1 du palais de justice de Dakar.

La bienveillance dans l’application de la loi

Dans les plaidoiries, les avocats de la partie civile ont relevé des éléments pouvant valoir des circonstances atténuantes à l’accusée. Me Abou Alassane Diallo a débuté les débats par dire que son client a fait montre d’une grandeur digne d’éloges. En dépit de tous les préjudices subis, il a formulé un pardon sincère et véridique à l’égard de son amoureuse et amie. Et que par conséquent, le juge doit adopter une démarche pédagogique.

Le deuxième avocat embouche la même trompette non sans souligner la promotion des contre-valeur qui sévit actuellement dans notre société. Il a mis l’accent sur l’aspect moral. Selon lui, les gens doivent faire preuve de plus de maturité, de sérieux. La tendance qui consiste actuellement à vilipender à tout bout de champs la vie privée, l’intimité d'autrui doit cesser. Et que la sanction du juge doit rendre un service à la jeune fille juste âgée de 18 ans.

Les avocats de la défense ont présenté leur cliente comme une victime, esseulée, faible, très jeune, vivant dans un milieu fait de charognards, de prédateurs sexuels. Elle est également victime, selon Me Abdou Aziz Daf, de sa beauté physique et intérieure qu’elle a offerte à Bril Fight 4 qui n’a pas été à la hauteur.

Une autre avocate de la défense Me Anta Dialy Mbaye a d’emblée déploré le procès moral dont subit l’accusée. Pour la robe noire, on ne peut pas convoquer un passé pour asseoir le présent dans cette affaire. Le traitement de cette affaire par la presse est également déploré. Cette dernière, selon Me Mbaye, a dépeint Dieyna comme une jeune femme de mœurs douteuses, une tombeuse de puissants hommes. Et en plus, précise-t-elle, cette affaire n’est pas une affaire de sexe. Les faits émanent d’un simple problème dans une relation amoureuse. 

Les chefs d’accusation contestés par les avocats de la défense

Dans leur plaidoirie, les avocats de la défense, dont Me Ciré Clédor Ly, ont souligné le manque d’éléments matériels caractéristiques des délits de vol commis la nuit, de collecte illicite de données à caractère personnel et extorsion de fonds. Me Ciré Clédor Ly est  longuement revenu sur les questions de droits et la définition des délits en question. Il a commencé par dénoncer l’acharnement des enquêteurs de police de la Division de la cybercriminalité sur la fille. Pour lui, la police avait chargé le dossier avec plus de neuf chefs d’accusation pour des raisons qu’il préfère passer sous silence pour le moment. Cependant, il se félicite du travail lucide du Ministère public qui, en requalifiant les accusations, n’en a retenu finalement que 4.maxresdefault_0.jpg

Abordant le fond du dossier, il a soutenu que les éléments, matériel et intentionnel, ne sont pas établis. D’autant plus que Dieyna a volé les téléphone mais n’a jamais eu l’intention de s’en approprier. Son but précis était d’avoir des preuves de l’infidélité de son copain chéri. Elle n’a jamais pensé à  porter atteinte ni à l’honneur ni à la dignité du demandeur.

A l’accusation de la collecte illicite de données à caractère personnel, il a opposé l’argument selon lequel Dieyna n’a pas accédé au téléphone frauduleusement puisque son amant lui avait donné le code volontairement. En plus, en  amants et concubins, ils partageaient et échangeaient tout, y compris leurs données personnelles.

Me Abdou Aziz Daf, dans sa plaidoirie, a balayé l’accusation d’extorsion de fonds. Car, selon lui, Dieyna n’est pas dans le besoin. Au contraire, c’est elle qui finance. De plus, il n’y a pas de preuves matérielles ni de confirmation venant même de la victime.

Aly Baldé et Pape Ba, accusés de complicité des faits incriminés, disent n'être mêlés ni de près ni de loin dans cette histoire. D’ailleurs, même Dieyna a déclaré n’avoir donné le téléphone volé à personne. Le téléphone était caché quelque part dans l'appartement.

Dieynabou Baldé n’est pas atteinte du coronavirus

L’information qui circule et selon laquelle Dieyna est positive au Covid-19 est fausse. A en croire son avocat, Me Ciré Clédor Ly, sa cliente est saine et sauve. Elle n’a pas le covid-19. L’information est basée sur le fait qu’elle loge actuellement au Pavillon spécial de l'hopital Aristide Le Dantec de Dakar. Cela est dû au fait que les personnes en détention préventive y sont placées pendant les 14 premiers jours. Cela procède des méthodes et procédures de l’administration pénitentiaire pour des mesures de prévention de la propagation du coronavirus. Passé ce délai, elle sera envoyée au lieu de détention pour pour femmes par les services compétents.

Rubrique: