Points de regroupement normalisés de l'UCG : Le confinement des ordures ménagères

L’Unité de coordination de la gestion des déchets solides (UCG), dans sa politique de propreté de proximité, a installé dans la capitale sénégalaise des cages de stockage de déchets appelés points de regroupement normalisés (PRN). Cette nouvelle politique de salubrité a pour objectif d’éradiquer les dépôts d’ordures sauvages.

 

  Sous forme d’enclos semi-fermés, les points de regroupements normalisés (PNR), implantés un peu partout dans Dakar, sont destinés à confiner provisoirement les ordures ménagères. Ils sont désormais partie intégrante du décor de la capitale sénégalaise. « Une capitale, c’est la vitrine d’un pays ; soit elle reflète sa beauté soit elle met à nu sa laideur », déclare une assistante de propreté. Avec leur mobilier urbain composé de bac à ordures et de matériels de nettoiement, les assistants de propreté, en uniforme, masques sous le menton, avec gants et gel hydro alcoolique, vont de rue en rue sous le chaud soleil de Dakar, pour rendre la ville propre.

Ces activités de nettoiement et de désencombrement entrent dans le cadre du plan d’action 2021 du programme Sénégal Zéro déchets initié par le chef de l’Etat, Macky Sall, pour un Sénégal propre. Elles sont menées conjointement par les éléments de l’UCG et ceux du ministère de l’Urbanisme. « Notre objectif est de faire de Dakar, à l’image des autres villes, un référentiel sur la gestion des déchets solides», explique ce technicien de surface du nom de Soumah, pelle à la main. L’implantation de cages de stockage de déchets appelées PRN est destinée à lutter contre les dépôts sauvages d’ordures, renchérit toujours le technicien de surface.

65 PRN installés à Dakar

A hauteur du rondpoint Sahm, une équipe de l’UCG est en place. Le travail est effectué par une dizaine d’agents de la structure sous les ordres de leur chef. Malgré son agenda chargé, le chef de cette unité a eu la courtoisie de placer quelques mots. « Nous avons le matériel disponible pour mener à bien notre job», informe-t-il. « Les PRN nous permettent d’éviter les dépôts sauvages d’ordures qui font partie du décor de la capitale sénégalaise», martèle Diouf, assistant de propreté qui a capitalisé plus d’une dizaine d’années d’expérience dans le secteur du nettoiement.

Pour lui, il faut une action citoyenne qui impulsera un changement positif  dans la gestion des ordures. « Ça entre dans la gestion de la propreté de proximité», informe le quadragénaire, originaire de la région de Thiès. 65 points de regroupement normalisés sont installés à Dakar, ouverts et surveillés, annonce le coordonnateur de l’UCG, Mass Thiam.

  A hauteur de Jet d’eau, vers les Sicap, Barry tient un commerce qui a pignon sur rue. Le bonhomme prône un changement de comportement. Habillé en pull, le masque soutenu par les oreilles, il se désole du comportement de certains Sénégalais. Son client, Thierno, lui en emboite le pas. Entre quelques gorgées de thé, il donne son avis. « Les bacs à ordures, c’est pour mettre … des ordures ; pas pour les laisser trainer dans la rue, c’est mauvais pour l’image de notre pays. Il faut qu’on apprenne à mettre les immondices dans les bacs  à ordures».

Ce livreur à domicile dénonce tout de même un manque de vigilance de la part des responsables de l‘UCG qui, selon lui, n’ont pas anticipé sur les événements tragiques du mois de mars passé ayant occasionné la destruction de beaucoup de bacs à ordures. 

Des gestes éco-citoyens

  A hauteur du canal IV qui longe les communes de Fass, Gueule Tapée, Colobane, sont installés trois PRN destinés à recueillir les déchets solides. C’est un ouf de soulagement pour les riverains. C’est le cas d’Alpha Diallo, agent immobilier. Pour lui, cette politique de proximité initiée par l’UCG, a contribué positivement à l’amélioration de leur cadre de vie. « J’ai noté un changement de comportement chez les populations qui préfèrent maintenant mettre les déchets dans les bacs à ordures plutôt que de les jeter dans le canal », avance Alpha Diallo, qui tout au long de la discussion a continué à fumer sa cigarette. Il espère tout de même qu’avec cette nouvelle donne son commerce va fleurir de nouveau car, dit-il, « avant, les locataires déploraient l’odeur nauséabonde que dégageait le canal IV, certains même quittaient leur lieu de résidence pour aller louer ailleurs où ils peuvent vivre  sainement».

  Des bacs à ordures qui déversent leur trop plein sur le sol, c’est le spectacle auquel on assiste au Jet d’eau, à l’absence des assistants de propreté. Une situation qui plonge cette partie de la capitale dans un état hideux. De l’avis de  Bara Samb, étudiant  en master 1 à la Faculté des Sciences et Techniques (FST), rencontré au rond-point de la Cité des eaux, il faut des spots de sensibilisation pour faire adhérer davantage la population dans la gestion de proximité des ordures ménagères avec le programme Sénégal Zéro déchets. Un appel qui colle bien avec le slogan véhiculé sur les affiches de l’UCG via ces différents moyens de transports : « Les ordures c’est pour moi ! »

Un message de sensibilisation qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. S’engager pour un développement durable avec un suivi après la collecte des déchets, c’est le souhait de cette femme de ménage. « Le tri des déchets ménagers pourrait à l’avenir générer de l’emploi», lui explique le technicien de surface. Pour ce dernier, les gestes éco-citoyens contribueront davantage à faire de Dakar une ville propre afin de matérialiser le slogan Sénégal Zéro déchet. 

La collecte des ordures journalières est estimée à 200 tonnes avec une équipe rotative de 265 éléments à Dakar. Avec ce système de travail, l’UCG dans sa politique de renforcement et d’amélioration de la qualité de ses prestations, a décidé, depuis novembre 2020, de mettre en place un nouveau dispositif de collecte et d’évacuation nocturnes des déchets ménagers. La région de Dakar compte 65 PRN fonctionnels : le département de Dakar en compte 37, celui de Rufisque 11, celui de Guédiawaye 10 et celui Pikine 07, détaille le coordonnateur de l’UCG Mass Thiam.

Ibrahima NGOM

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