Photographe de studio : un métier à l’épreuve du temps

Image d'illustration/ Mary Soumare

Les studios de photographie étaient souvent fréquentés jusqu’au début des années 2010. Appelé D. photographe dans un quartier à Dakar, A. D. exerce ce métier depuis 1986. Il revient sur le calvaire des temps actuels avec le numérique qui est de plus en plus accessible au grand public. Entretien.

Confirmez-vous que les studios de photo sont de moins en moins fréquentés par rapport aux dernières décennies ?

Ce n’est pas pareil. Ce métier marchait beaucoup les années passées mais maintenant ce n’est plus le cas avec les téléphones portables. Les gens faisaient la queue lors des fêtes comme la Korité, la Tabaski. Mais on ne voit plus personne.

Êtes-vous toujours sollicité par certaines personnes ?

Oui mais rarement. Récemment on m’a appelé pour un mariage. Lors de ces cérémonies, je ne parviens même pas à faire un album. On me demande juste de faire quelques photos. On me sollicite encore pour les photos d’identité notamment à l’occasion de la rentrée scolaire où je peux avoir six photos à faire en une nuit.

On constate beaucoup de studios de photos qui ont disparu… Comment parvenez-vous donc à résister à la vague du numérique, étant donné que votre studio reste très souvent ouvert ?

J’ouvre mon studio malgré moi. Parfois, je reste ici jusqu’à 21h, je ne vois personne. Beaucoup de collègues ont fermé boutique parce que ça ne va pas ! Si tu ne parviens pas à payer la location des locaux, tu es obligé de fermer. C’est comme mon cas. Je suis en train de… d’y penser. Je paye la location vers le 20e jour du mois parfois. Je paye tardivement. Et c’est parfois grâce aux photos d’identité que j’y parviens.

Croyez-vous que votre métier a un avenir ?

Je n’y vois pas d’avenir.

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