Laye Thiam : «Nous sommes la première cellule universitaire de la croix rouge dans le monde »

Laye Thiam, président et membre fondateur de la cellule de la Croix rouge Ucad

Logée au sein du campus social du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), la cellule de la Croix-Rouge sénégalaise est mise en place en 2013 par un groupe d’étudiants secouristes. Laye Thiam, le président et membre fondateur de la cellule a répondu aux questions de l’équipe de Cesti-info

Dans quel contexte a été créée la cellule universitaire de la Croix-Rouge sénégalaise Ucad ?

D’abord il faut noter que nous sommes la première cellule universitaire de la croix rouge dans le monde. Tout est parti d’un incident qui a eu lieu au niveau du restaurant Argentin du campus social, une fille est tombée en syncope. Il y avait mon grand frère qui étaient un aspirant et son ami sur place et ils l’ont secourue. Après, ils ont pensé à mettre en place la cellule qui regroupe tous les secouristes au sein du campus universitaire.

Quel est son organigramme ?

C’est une cellule bien structurée et organisée, il y a le président, le chargée de la communication et des relatons extérieures et le charge des opérations.  En plus, nous avons des volontaires, des aspirants et des secouristes. Certains nous ont rejoints à travers nos manifestations et les interventions que nous menons lors des affrontements entre les étudiants et les forces de l’ordre. Nous avons deux grandes équipes, une brigade opérationnelle à l’intérieur de la cellule universitaire et l’autre que nous avons mise en place l’année passée au niveau des différentes entrées du campus.

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Laye Thiam

Quelle est votre relaton avec les étudiants ?

C’est une relation très courtoise, nous sommes avant tout des étudiants régulièrement inscrits, des agents du Coud ou du rectorat et la cellule n’est là que pour leur porter secours.

Aviez-vous les moyens pour mener à bien vos opérations de secours ?

Au début, nous nous débrouillions avec les moyens du bord sans aide mais les gens se sont portés volontaires et ont consacré une partie de leur temps à la cellule. Nous sommes des humanitaires et avons mis en place des projets qui ont permis d’assurer les besoins. Notre vraie collaboration avec le Coud est très récente. Si nous sommes visibles maintenant au sein du campus, c’est en raison de la pandémie de la covid-19. On est resté pratiquement six mois confinés dans le campus pour filtrer les entrées et sorties, c’est ce qui nous a valu être en première ligne de la lutte contre le covid-19. Nous avons des ambulances maintenant.

Touré Ucad
Lamine Touré, chef du bureau operationnel des secours à l'Ucad

Quel est votre lien avec les autorités sanitaires ?

La santé est une chaine. Quand vous faites secours, il y a une limite dans la prise en charge du patient. Nous sommes des auxiliaires de santé et nous nous limitons à nos compétences. C’est aux autorités médicales de prendre en charge le malade une fois qu’il arrive. Mais nous sommes en parfaite collaboration.

Le Coud nous accompagne beaucoup dans notre mission. Depuis le début de la pandémie, il a recruté plus de 200 volontaires dans le cadre de la riposte. A travers le directeur nous avons reçu un important lot de matériels de protections des gels hydroalcooliques, etc. D’ailleurs nous collaborons avec le service médical dirigé par le docteur Daba. 

En tant que secouristes comment avez-vous vécu certains évènements malheureux dans le campus ?

Avec philosophie, car les secouristes, en temps de guerre comme en temps de paix, rencontrent souvent ces scènes et cela nous est arrivé en 2014 avec la mort de Bassirou Faye et ceux de mars 2021. En mars, nous avons franchi le périmètre universitaire, ce qui n’est pas de notre ressort car nous avons un statut spécial et la Croix-Rouge sénégalaise est organisée de sorte qu’on ne doit pas empiéter le champ des autres. Nous représentons le 47ème département sénégalais. Et quand il y a affrontements entre les étudiants et la police, nous mettons notre devise en bandoulière pour secourir les blessés, mais jusque-là nous remercions le bon Dieu, aucun de nos agents n’est revenu blessé.

Est-ce que les volontaires sont bien formés en matière de secourisme ?

Bien sûr, les séances de formations animent la vie de la cellule et nous sommes dans la dynamique de former les nouveaux adhérents pour assurer la relève. Nous ne serons pas là éternellement, c’est pour cela que nous misons sur la formation et le recyclage.

Le volontariat est un peu difficile dans notre contexte, pas de rémunération, est-ce le cas chez le Coud ?

Comme je l’avais tantôt dit, nous sommes des étudiants volontaires et les volontaires ne sont pas payés à la tâche mais sont mis dans de bonnes conditions de travail. La Croix-Rouge ne marche pas ainsi. C’est l’amour que vous portez à la croix qui peut vous garder. Par contre, depuis le début de la pandémie ceux qui sont au niveau des entrées sont motivés par le Coud.

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