Khalifa Diagne, directeur adjoint du Coud : ''Nous avons eu à réserver 70% de notre capacité d'accueil aux étudiants méritants''

 A l'orée  de l'ouverture des campus sociaux des universités de Dakar, Khalifa Diagne, le directeur adjoint du Centre des oeuvres universitaires de Dakar (Coud) s'est entretenu avec Cesti Info. Avec lui, nous avons abordé les nouvelles réformes mises en place pour assurer l'accueil et l'installation des étudiants. Ceci pour le bon déroulement de l'année universitaire 2021-2020. 

Cesti Info : Quelles sont les nouvelles réformes mises en place au sein du Coud ?   

Khalifa Diagne : Nous avons eu à réfléchir pendant cette période de fermeture à un certain nombre de mesures qui sont liées au processus d'affectation, c'est à dire les chambres d'étudiants mais aussi des mesures qui sont d'ordre sécuritaire. D'abord pour le processus d'affectation des lits, nous avons  adopté cette année, un mois de distribution basé sur une plate-forme numérique de déposer leur candidature pour obtenir un lit et les lits ont été donnés sur la base du critère d'excellence. Nous avons eu à réserver 70% de notre capacité d'accueil aux étudiants méritants, c'est à dire les étudiants qui étaient le mieux placé l'année dernière après leurs examens et 30% est réservé aux cas sociaux. Il y a un certain nombre de cas sociaux notamment les étudiants en situation de handicap où il fallait faire quelque chose.

Qu'en est-il de l'aspect sécuritaire ? 

La deuxième grande réforme concerne justement la sécurité. Nous avions constaté qu'il était difficile de contrôler les usagers et les étudiants dans l'espace universitaire pour des raisons bien simples : la première à partir de 2013 et 2014, l'université avait décidé de numériser ces cartes et ces cartes numériques étaient renouvelées par voie électronique, c'est-à-dire un étudiant qui était détenteur d'une carte qui n'est plus valable parce que l'institution n'était plus active, pouvait garder une carte étudiant, la montrer aux autorités alors qu'il n'était plus étudiant soit il avait cartouché, soit il avait purgé son cursus ou eu son diplôme ou bien avait ramassé une carte étudiant et nous montrer ça. Et nous nous sommes dit qu'il faut un moyen de contrôle numérique.

Tous les étudiants qui viennent dans un premier temps sont enrôlés, c'est à dire l'identification numérique. Et après, à chaque contrôle sur la base de ...on saura si le détenteur de la carte est régulièrement inscrit à l'UCAD ou pas. Maintenant c'est les réformes majeures que nous sommes en train de dérouler sans compter qu'il fallait renforcer considérablement la sécurité dans l'espace universitaire notamment pour les véhicules qui passent et faire un contrôle sur la base d'appareils de détection de métaux parceque tout simplement il ne faut pas l'oublier  nous sommes dans un contexte mondial de terrorisme et l'université de Dakar a un statut particulier.

Dans cette université,  il n'y a pas de forces de police ni la présence de police d'Etat et cette université à la taille d'une ville. Ici à Dakar où je vous parle, nous avons 19 communes d'arrondissement mais si vous considérez l'université, on peut dire que nous avons 20 communes d'arrondissement parce que l'université a la taille d'une ville, qui est de très loin comparable à la plupart des autres villes d'arrondissement, c'est à dire le nombre de personnes qui séjourne à l'université est de très loin supérieur au nombre de personnes que nous voyons dans beaucoup de commune de Dakar. Sans compter quelques villes où il y a la présence de policier, ici à l'ucad il n'y a pas de présence policière. Alors nous nous sommes dit qu'il faut renforcer la sécurité dans un contexte mondial de terrorisme et faire de sorte que tout ceux qui entrent chez nous, qu'ils soient étudiants, usagers ou véhicules soient contrôlés pour la plus grande sécurité dans l'espace universitaire.


Les autorités du COUD en visite dans la cité universitaire

 

 On a observé des violences l'année dernière au sein du Coud. Quelles sont les mesures prises cette année pour empêcher que cela se reproduise ?

L'année dernière, il y avait eu des violences et ce sont les expériences tirées après ces violences que nous avons installé le système de sécurité. Il y a eu un étudiant qui avait perdu la vie dans ces violences. Et après vérification, nous avons constaté qu'il n'était pas régulièrement inscrit et tout ceci parce qu'il détenait  une carte qui n'était plus active. Et pour qu'elle soit active, il faut renouveler son inscription. Donc ces mesures là sont mises en place parce que tout simplement nous avons tiré les conséquences de ce qui s'est passé l'année dernière en terme de perturbations dans l'enceinte universitaire. Il y a d'autres personnes qui ne sont pas  étudiants mais  quand il y a des manifestations ici à Dakar, viennent profiter du soulèvement dans la cité pour faire du désordre et je pense que ce sont des choses qu'il faut bannir de mon point de vue parce que l'espace universitaire doit, par essence, être un espace de sérénité, un espace convivial, propice pour l'activité intellectuelle parce que nous y accueillons des étudiants et d'ailleurs c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas négligé le cadre environnementale en modifiant tout ça parce que comme on le dit, il faut un corps sain dans un esprit sain ou l'inverse.
 
Rassurez-vous les étudiants de ce que tout est fin prêt pour une ouverture effective ? 

Comme vous pouvez le constater, vous pouvez faire promener vos caméras un peu partout dans le campus social et vous allez voir que nous sommes en train de bien accueillir les étudiants parce que pour ce faire, il faut être prêt au niveau des infrastructures sociales notamment les lieux d'hébergement ou les pavillons ont été réhabilités. Je vous ai dit que les étudiants ont eu à remplir les formalités d'affectation de lits avant leur retour, parce que nous avons utilisé le moyen électronique et quand ils sont venus également, un de nos plus grands restaurants est ouvert pour les accueillir et notre service médical également est prêt pour accueillir ceux qui auront des problèmes de santé. 

De façon globale, tous les éléments du centre des œuvres sociales universitaires composés de l'hébergement, de la restauration et des services de santé sont disponibles pour pouvoir redonner aux étudiants les prestations nécessaires à leur prise en charge sociale.

 Qu'avez-vous à ajouter pour finir cet entretien ? 

Prier pour avoir une année universitaire paisible, normale, qui va permettre aux étudiants d'évoluer dans un cadre sain et de pouvoir faire leurs études normalement et de réussir leurs études massivement à la fin de cette année universitaire. Et d'appeler les usagers sénégalais et en particulier les étudiants à accompagner ces réformes, à considérer à sa juste valeur les efforts de l'administration du Coud et à faire de sorte que le milieu universitaires soit un milieu de paix où règne une sécurité.

 

Propos reccueillis par Giraud Togbé 

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