Daba Ndiaye, exceptionnelle livreuse à domicile

A l’ère de la digitalisation, nombre d'entreprises et commerces adaptent leurs buisines aux outils en ligne. Ces organisations profitent des bienfaits de l’Internet et de l’attractivité commerciale en ligne pour un écoulement rapide et efficace de leurs produits et services. Cette évolution a engendré un boom de la livraison à domicile.  Cependant, ce secteur d’activité florissant a toujours été dominé par les hommes. Aujourd’hui, face aux transformations socio-professionnelles, des femmes commencent à s’y activer. Daba Ndiaye, originaire de la région de Kaffrine, en est un exemple. Elle raconte son parcours et ses projets. 

Dakar constitue le point de chute de nombreuses personnes en provenance du Sénégal intramuros. C’est le cas de Daba ndiaye. Après avoir arrêté ses études en classe de 3ème, elle est venue s’installer dans la capitale du pays de la Téranga. Face à la vie, parfois, impitoyable dans la capitale, en parfaite débrouillarde, elle s’est essayée à pas mal de métiers. D'abord le commerce. Une activité sur laquelle elle tirait des petites commissions en revendant des marchandises prises chez d’autres commerçants.

Les revenus du commerce étant dérisoires, elle a fait un bref détours au Centre des oeuvres universitaires de Dakar (Coud). Son contrat terminé et non renouvelé, elle se rabat sur des petites activités génératrices de revenus. «  Je vendais du thé et du café Touba à la Foire internationale de Dakar », confie-t-elle. Cependant, elle est toujours acculée par les charges financières inhérentes à sa famille, qui devenaient de plus en plus lourdes. « Étant une mère célibataire et ayant en charge une mère  maladive, les petites commissions tirées çà et là ne servaient plus grand-chose », fait-elle savoir.

Devant les difficultés qui s'amoncellent, elle est contrainte d’explorer de nouveaux horizons. « Ainsi, la livraison à domicile s’est-elle avérée une planche à salut », confie-t-elle. Toutefois, son choix pour la livraison se justifie, en partie, par sa passion pour les motos. A l’en croire, sa région d'origine, Kaffrine, est une des capitales des « deux roues » à l'instar de Kaolack.

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Les risques, les préjudices corporels et les maladies...

Comme tout début, c'était très difficile, selon elle. Elle était inconnue du milieu de sa nouvelle activité. Les clients venaient au compte-goutte. « Je pouvais rester 15 jours à tourner les pouces », se rappelle-t-elle. La tendance s'est ensuite renversée. Les contacts et les commandes ont subitement accéléré, selon toujours elle, quand une célébrité lui a offert une visibilité sur ses différentes plateformes digitales.

 

Toutefois, cette activité est loin d'être une sinécure. Son quotidien est rythmé par les risques d'accidents dus à l'étroitesse des routes et le mauvais comportement de certains conducteurs. Elle passe toutes ses journées en position assise, s'exposant ainsi à des maladie telles que l'hémorroïde.

Être une femme s'activant dans un domaine réservé aux hommes peut être mal vu au plan socio-culturel sénégalais. Cependant, Daba Ndiaye vit bien son métier. A l'en croire, tous ses clients, hommes comme femmes, lui manifestent un soutien financier et moral. « Entre mots d'encouragements, cadeaux et recommandations, tout le monde a de l'empathie pour moi », se réjouit-elle.

Propriétaire de sa moto, Daba Ndiaye travaille pour son propre compte en développant son réseau de clientèle. Cependant, pour ne pas s'exposer aux agressions, ses horaires de travail vont de 08h du matin à 21h.  Même si elle prolonge, parfois, jusqu'à 00h pendant les grands événements.

La livraison fait vivre...

Au sujet des émoluments, le métier de livraison, quoique éreintant, lui permet de tirer son épingle du jeu. Ses revenus oscillent entre 8 à 15 mille par jour. « Grâce à cette activité, j’arrive à payer les dépenses relatives à l'entretien de ma famille  et de mon outil de travail », informe-t-elle, non sans indiquer qu’il lui est difficile, parfois, de joindre les deux bouts.

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Comme tout travailleur, Daba Ndiaye a des projets qui lui tiennent à cœur. Elle aimerait évoluer dans son propre métier. D'abord, changer sa vielle moto dont le système de freinage est défaillant. Ensuite, mettre en place une entreprise de livraison et employer des livreurs font partie de ses rêves. Toutefois,  précise-t-elle, si une autre opportunité lui est offerte, elle est prête à la saisir.

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